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Modigliani

          Modigliani "révision" By umberto bertozzi

À l'occasion d'une exposition organisée en 1984 par le Museo progressivo di arte moderna de Livourne pour le centenaire de la naissance de Modigliani et consacrée à sa sculpture, il fut décidé, à la demande pressante de Vera et de Dario Durbè, de vérifier si la légende populaire locale selon laquelle l'artiste aurait jeté dans le Fosso Reale quelques-unes de ses sculptures était vraie.
Selon cette légende, Modigliani serait revenu en 1909 dans sa ville natale dans l'intention de créer quelques sculptures et de les exposer au café Bardi à des amis artistes qui se seraient moqués de lui et lui auraient conseillé de les jeter dans le fossé.
En draguant le canal près de la zone de la piazza Cavour où était situé le café Bardi, on retrouva trois sculptures représentant trois têtes, que de nombreux critiques parmi lesquels Giuglio Carlo Argan attribuèrent à Modigliani. Jeanne Modigliani, la fille de l'artiste est décédée dans des circonstances jamais éclaircies alors qu'elle se rendait à Livourne pour découvrir les trois têtes.
Quelques jours plus tard, un groupe de trois étudiants de Livourne (Pietro Luridiana, Pierfrancesco Ferrucci et Michele Ghelarducci) révélèrent qu'une des sculptures (la tête numéro 2) était leur œuvre. Ils l'avaient créé en utilisant des outils très ordinaires et, la nuit, avaient jeté leur travail dans le Fosso Reale. Ils montrèrent également une photo qui les représentait avec leur sculpture. Les trois furent invités à créer un nouveau faux en direct à la télévision au cours d'un journal télévisé spécial, pour bien montrer qu'ils étaient capables de réaliser un pareil travail « en si peu de temps » (alors que Vera Durbè, conservatrice du Musée d'art moderne de Livourne, considérait la chose comme impossible. Elle défendit toute sa vie que les trois têtes étaient authentiques.
Par la suite, invité lui aussi à la télévision par Federico Zeri , l'auteur des deux autres têtes sortit de l'anonymat : il s'agissait d'Angelo Froglia (Livourne 1955-1997), un peintre qui travaillait au port, connu par les autorités pour des délits mineurs. Il déclara qu'il ne s'agissait pas pour lui d'un canular, mais d'une « opération esthético-artistique » destinée à vérifier « jusqu'à quel point les gens, les critiques, les médias sont capables de créer des mythes ». À l'appui de sa déclaration un film le montrait en train de sculpter les deux têtes.
À la suite de cet incident, Dario Durbè, surintendant à la Galleria nazionale d'arte moderna de Rome, dut abandonner son poste en octobre 1984 ; sa sœur, Vera Durbè, conservatrice des musées de la ville de Livourne, fut démise de ses fonctions au mois de février suivant.
 
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